jeudi 9 février 2017

Au tribunal de Paris, le terrorisme en comparution immédiate

Qu’ont en commun les frères Hattay, «terro» comme ils se désignent eux-mêmes, déjà condamnés à huit ans de prison, et Raphael et Mehdi, deux jeunes «paumés» aux casiers vierges, poursuivis pour consultation de sites djihadistes ? Pas grand chose. Tous étaient pourtant jugés mardi après-midi devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, qui inaugurait son «circuit court» permettant de traduire rapidement les auteurs d’infractions terroristes dites de «faible intensité». Une nouveauté qui a fait grincer des dents, chez les avocats et certains magistrats, qui ont dit craindre une justice quelque peu expéditive.

jeudi 2 février 2017

Ce qu’a fait Serge Dassault « méritait de la prison ferme », estime le tribunal

Il ne s'est pas présenté une seule fois devant ses juges et aura poussé le comble du cynisme jusqu'à lancer, hier, à François Fillon : « Sois candidat même si tu es mis en examen, regarde, moi, je m'en fous ! » Serge Dassault a été reconnu coupable, ce jeudi après-midi, par le tribunal correctionnel de Paris de blanchiment de fraude fiscale et de fausse déclaration de patrimoine. Il est condamné à deux millions d'euros d'amende, cinq ans de privation de droit d’éligibilité et d'interdiction d'exercer une fonction publique. Ses avocats ayant annoncé, dès la sortie de l'audience, son intention de faire appel, ces peines sont reportées sine die.

jeudi 26 janvier 2017

Le triste procès de l'ancien bouffon Jawad Bendaoud

On a trop ri de lui. Nous tous qui avions trouvé dans Jawad Bendaoud un exutoire après l'horreur des attentats du 13 novembre. Bien malgré lui, ce trentenaire un peu simple était devenu le bouffon de la République meurtrie. Le 18 novembre au matin, en marge de l'assaut de Saint-Denis, Jawad Bendaoud était interpellé devant les caméras de télévision pour avoir logé Abdelhamid Abaaoud et ses complices. « On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service », osait-il devant les journalistes, devenant illico « Jawad le logeur », repris en boucle sur les réseaux sociaux. Mais cet après-midi, devant la 13e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny où il était jugé pour trafic de stupéfiant, Jawad Bendaoud ne faisait plus rire personne.

jeudi 15 décembre 2016

Le procès « hors norme » des frères Traoré


L’ironie est d’une terrible cruauté : dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 décembre, Bagui Traoré, grand frère d’Adama Traoré, mort asphyxié le 19 juillet dernier face contre terre et menottes dans le dos dans la cour de gendarmerie de Persan (Val d’Oise), a été condamné à verser 5 740 euros de dommages et intérêts aux six policiers municipaux et deux gendarmes parties civiles dans son procès. Parmi eux, le commandant de la brigade de gendarmerie de Persan… 

vendredi 25 novembre 2016

Au procès du flash-ball à Bobigny, "il n'y a pas d'impunité policière"

Il y a précisément cent-dix places dans la cour d'assises numéro deux du tribunal de grande instance de Bobigny. Hier chacun des sièges de cette salle d'audience exceptionnellement réquisitionnée pour juger les trois policiers accusés d'avoir blessé des manifestants avec leur flashball en juillet 2009 était précisément attribuée. Trente chaises pliantes pour la presse au fond et le reste minutieusement réparti entre les nombreux policiers venus soutenir leurs trois collègues poursuivis et les soutiens aux parties civiles, bien décidés à faire de ce procès celui de la "violence ordinaire" de la police. Autant dire que l'ambiance au centre de la salle était quelque peu tendue...

lundi 21 novembre 2016

Les projectiles fantômes du 8 juillet 2009

C’est une pluie qui s’est transformée en crachin. Au premier jour du procès de trois policiers pour violences volontaires, le tribunal correctionnel de Bobigny a tenté, hier, de préciser le nombre de projectiles reçus par les forces de l’ordre le 8 juillet 2009 à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Sur les six manifestants blessés – dont l’un a perdu un œil – par des tirs de Flash-Ball ce soir-là, cinq se sont constitués partie civile et assistent au procès. Depuis sept ans, les policiers assurent avoir utilisé leur arme en état de « légitime défense » face à une « foule hostile ».

vendredi 11 novembre 2016

Oeufs, farine et policiers : la mauvaise recette

Les cris rauques résonnent dans la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris. :« Lève toi ! Lève toi ! ». Dans une vidéo de onze secondes, trois policiers casqués interpellent un lycéen à terre. Celui-ci, sac sur le dos, se relève avant de prendre un violent coup de poing au visage. La mère de l'adolescent, aujourd'hui sur le banc des parties civiles, cache son visage dans ses mains.
- « Qui demande au lycéen de se lever ?, demande la présidente du tribunal.
- C'est moi », reconnaît le gardien de la paix Sofiane O. qui comparait pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique.