mercredi 24 mai 2017

Les sacs de cash de monsieur l'ambassadeur

Il est l'incarnation de la génération « bling-bling ». Celle que Nicolas Sarkozy a porté aux nues et au pouvoir. Devant la XIe chambre du tribunal correctionnel de Paris, Boris Boillon n'a rien perdu de sa superbe. Costume chic sur un corps musclé - dont chacun se souvient pour l'avoir vu en slip de bain lorsqu'il était ambassadeur en Tunisie -, il se défend avec arrogance, coupe la parole et multiplie les injonctions. « Je suis un grand sportif, j'aime sortir de ma zone de confort », lance t-il au président du tribunal, Peimane Ghaleh-Marzban, qui lui demande pourquoi il a quitté la fonction publique pour se lancer dans le privé. En réalité, l'ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy a fui le quai d'Orsay à l'arrivée de François Hollande. Celui qui a fait sienne la devise d'Henri Bergson « Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d'action » craignait de végéter dans un placard.

mercredi 3 mai 2017

Les paparazzis et les seins de la duchesse

Hier après-midi, au palais de justice de Nanterre, les paparazzis n'avaient rien à se mettre sous le flash. Sans surprise, les deux altesses royales parties civiles, héritiers du trône d'Angleterre, n'avaient pas fait le déplacement dans les Hauts-de-Seine où six personnes étaient poursuivies pour avoir pris ou utilisé des images d'eux sans leur consentement et dans un lieu privé. Les directeurs de publications de La Provence et de Closer n'ayant pas jugé bon, eux non plus, de se déplacer, seuls trois photographes ont répondu aux questions du tribunal.

jeudi 27 avril 2017

Fatigués, les « soldats » Traoré affrontent de nouveau la justice

Quatre mois se sont écoulés depuis que Bagui Traoré a été condamné à huit mois de prison ferme pour injures et violences contre des policiers municipaux. Et pourtant, mardi, ce n’est pas le même homme qui est apparu dans le box des accusés de la cour d’appel de Versailles. En première instance, au tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d’Oise), le grand frère d’Adama Traoré était apparu très combatif, apostrophant juges et avocats, allant jusqu’à lancer au procureur qui l’assaillait de questions sur sa vie privée un provocant « Je suis polygame comme mon père ! »

Mais quatre mois ont passé. À Fleury, à purger sa peine « loin des siens qui sont en deuil, alors que sa mère pleure tous les jours », rappelle Me Yassine Bouzrou, son avocat. En juillet dernier, Bagui est le dernier à avoir vu son petit frère Adama vivant, avant qu’il ne meure dans les circonstances toujours pas élucidées d’une arrestation policière à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise). Puis, début mars, Bagui a été mis en examen, pour tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Il est soupçonné d’être impliqué dans les tirs d’armes à feu lors des émeutes qui ont suivi la mort d’Adama. Un « acharnement judiciaire » dénoncé par la famille Traoré et par Bagui, qui a fait plusieurs semaines de grève de la faim.

jeudi 9 février 2017

Au tribunal de Paris, le terrorisme en comparution immédiate

Qu’ont en commun les frères Hattay, «terro» comme ils se désignent eux-mêmes, déjà condamnés à huit ans de prison, et Raphael et Mehdi, deux jeunes «paumés» aux casiers vierges, poursuivis pour consultation de sites djihadistes ? Pas grand chose. Tous étaient pourtant jugés mardi après-midi devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, qui inaugurait son «circuit court» permettant de traduire rapidement les auteurs d’infractions terroristes dites de «faible intensité». Une nouveauté qui a fait grincer des dents, chez les avocats et certains magistrats, qui ont dit craindre une justice quelque peu expéditive.

jeudi 2 février 2017

Ce qu’a fait Serge Dassault « méritait de la prison ferme », estime le tribunal

Il ne s'est pas présenté une seule fois devant ses juges et aura poussé le comble du cynisme jusqu'à lancer, hier, à François Fillon : « Sois candidat même si tu es mis en examen, regarde, moi, je m'en fous ! » Serge Dassault a été reconnu coupable, ce jeudi après-midi, par le tribunal correctionnel de Paris de blanchiment de fraude fiscale et de fausse déclaration de patrimoine. Il est condamné à deux millions d'euros d'amende, cinq ans de privation de droit d’éligibilité et d'interdiction d'exercer une fonction publique. Ses avocats ayant annoncé, dès la sortie de l'audience, son intention de faire appel, ces peines sont reportées sine die.

jeudi 26 janvier 2017

Le triste procès de l'ancien bouffon Jawad Bendaoud

On a trop ri de lui. Nous tous qui avions trouvé dans Jawad Bendaoud un exutoire après l'horreur des attentats du 13 novembre. Bien malgré lui, ce trentenaire un peu simple était devenu le bouffon de la République meurtrie. Le 18 novembre au matin, en marge de l'assaut de Saint-Denis, Jawad Bendaoud était interpellé devant les caméras de télévision pour avoir logé Abdelhamid Abaaoud et ses complices. « On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service », osait-il devant les journalistes, devenant illico « Jawad le logeur », repris en boucle sur les réseaux sociaux. Mais cet après-midi, devant la 13e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny où il était jugé pour trafic de stupéfiant, Jawad Bendaoud ne faisait plus rire personne.

jeudi 15 décembre 2016

Le procès « hors norme » des frères Traoré


L’ironie est d’une terrible cruauté : dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 décembre, Bagui Traoré, grand frère d’Adama Traoré, mort asphyxié le 19 juillet dernier face contre terre et menottes dans le dos dans la cour de gendarmerie de Persan (Val d’Oise), a été condamné à verser 5 740 euros de dommages et intérêts aux six policiers municipaux et deux gendarmes parties civiles dans son procès. Parmi eux, le commandant de la brigade de gendarmerie de Persan…