vendredi 22 septembre 2017

Contre-enquête au procès du quai de Valmy

«Je me suis permis de faire le travail des enquêteurs… » Durant deux heures, jeudi après-midi, l’avocat Arié Alimi a méthodiquement décortiqué toutes les preuves retenues par les enquêteurs contre Antonin Bernanos, jeune étudiant jugé depuis mercredi avec huit autres personnes pour l’attaque de la voiture de police brûlée quai de Valmy. Poursuivi pour violences aggravées, il encourt une peine de dix ans d’emprisonnement. 

mardi 19 septembre 2017

Affaire du quai de Valmy, la justice à l'étroit

La justice a t-elle voulu juger trop vite les prévenus poursuivis dans l'affaire de la voiture de police brûlée du quai de Valmy ? Elle a, en tous cas, montré hier un niveau d'impréparation aberrant dans une affaire aussi politique et médiatique.

Dès 13 heures, au moins deux cents personnes, soutiens et famille des prévenus, mais aussi journalistes venus en nombre, se pressaient devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Tout en acajou et lambris, cette salle d'audience compte au maximum une cinquantaine de places, avocats compris... Or elles étaient nombreuses les robes noires, hier, à se presser autour des prévenus. Le plus célèbre d'entre eux, Me Henri Leclerc, sonne la charge dès l'ouverture des débats : « Les conditions ne sont pas réunies pour que nous puissions travailler correctement, on ne peut même pas s'asseoir !, lance t-il au président du tribunal. La défense est maltraitée. » On compte alors treize avocats debout au milieu de la travée.

Dehors, les deux cents soutiens, dont une vingtaine à peine ont pu pénétrer dans la salle d'audience, font entendre de la voix : « Une grande salle ! » sera chantée sur tous les tons, accompagnés de sifflets et de huées pendant l'heure et demie que dureront les incidents d'audience. Sur les bancs de la presse, on s'impatiente aussi : plusieurs journalistes sont restés bloqués dehors. Aucun système d'accréditations pour la presse n'a été mis en place en amont du procès, comme c'est normalement le cas pour les procès médiatiques.

Le président suspend l'audience, le temps, dit-il, de trouver une solution. Durant la suspension, une dizaine de chaises pliables sont installées au milieu des travées et dans le fond de la salle. On y installe quelques journalistes de plus. Appelé à la rescousse par Me Leclerc, le bâtonnier Frédéric Sicard fait son entrée. Il propose des « rotations » du public et la présence d'un membre du conseil de l'ordre pour « acter la protestation des avocats »... L'ambiance se tend à l'intérieur comme à l'extérieur de la salle d'audience. « Les débats doivent rester sereins », tente le président à la reprise de l'audience. « Faire des rotations du public, c'est évident que ça ne va pas être serein !, s'agace Jérémie Assous, autre avocat de la défense. Des journalistes sont bloqués dehors, vous allez faire des rotations de la presse aussi ? ». Pour Me Arié Alimi, qui défend Antonin Bernanos, il en va du « droit à une procès équitable » : « serré sur un coin de table, je ne peux pas consulter le dossier ». Plusieurs conseils souhaitent déposer des demandes de nullités, tandis que le représentant du ministère public regrette le «surnombre des avocats non prévus à l'audience »...

L'audience est à nouveau suspendue, elle reprendra vingt minutes plus tard par l'annonce d'un ajournement. Le procès devrait reprendre aujourd'hui dans la 16e chambre du tribunal de Paris, guère plus grande... Pas sûr que ce déménagement calme les soutiens des prévenus, alors que plusieurs collectifs tels que Libérons-les (créé pendant la détention provisoire d'Antonin Bernanos), mais aussi contre les violences policières comme Justice pour Adama, appellent à venir assister aux audiences jusqu'à la fin de la semaine. Au manque de place, va certainement s'ajouter un problème de temps : seules quatre demi-journées de débats étaient prévues pour ce dossier, il n'en reste que trois. Dehors, les soutiens des prévenus sont repartis aux cris de « Tout le monde déteste la justice ». Une occasion ratée sans doute...

Quai de Valmy : après une enquête à charge, un procès expéditif…

C’est un procès très politique qui s’ouvre cet après-midi devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris. D’un côté, des policiers réclamant un « signal fort » avec le très droitier syndicat Alliance en partie civile ; de l’autre, huit prévenus qui estiment avoir été jetés en pâture pour assouvir la colère policière…

jeudi 31 août 2017

Les silhouettes de Dannemarie, Patricia Kaas et Baudelaire

Sous les ors de la justice, les débats peuvent être policés mais ils n’en sont pas moins vifs. Hier matin, « dignité des femmes » et « liberté artistique » se sont affrontées dans la salle d’audience du Conseil d’État.

L’affaire dont il est question remonte à juin dernier, lorsque la petite commune alsacienne de Dannemarie (Haut-Rhin), 2 400 habitants, décide de célébrer « l’année de la femme ». 125 silhouettes en contreplaqué prennent alors position dans l’espace public. Elles représentent des femmes minces aux cheveux longs, pour la plupart en talons (même enceintes), certaines dans des poses lascives, d’autres portant des sacs de shopping. Elles arborent aussi des accessoires : chapeaux, bouches rouge vif se mordant les lèvres ou sacs à main… Le tout a été fabriqué par la première adjointe, Dominique Stroh. « On n’a pas les moyens de faire venir des statues de Rodin, alors on fait avec les moyens du bord », se défend le maire du village, Paul Mumbach, qui trouve un « vrai talent » à son adjointe : « D’un tas de poubelle, elle vous ferait une œuvre. »  Comme cette femme assise, les jambes écartées ? « Pour moi, c’était Patricia Kaas », justifie l’adjointe. Le maire ajoute qu’il ne « regrette rien » et qu’il est « très largement soutenu par la population ».

vendredi 23 juin 2017

Sydney Amiel condamné à dix ans d'emprisonnement

L'ancien avocat a été reconnu coupable d'un viol et de quatre agressions sexuelles aggravées. Il a immédiatement fait appel de ce verdict.
Sidney Amiel dormira en prison ce soir. Après huit heures de délibéré, la cour d'assises de Versailles l'a déclaré coupable d'un viol et de quatre agressions sexuelles aggravées. Les trois magistrats professionnels et les six jurés tirés au sort devaient répondre à dix questions sur la culpabilité de l'ancien ténor du barreau de Chartres pour cinq plaignantes. Tandis que la présidente égrenait la liste des questions et répondait « oui » à chacune d'entre elles, Sidney Amiel se balançait d'avant en arrière. Celui qui comparaissait libre depuis le 6 juin devant la cour d'assises de Versailles a rapidement été placé dans le box des accusés tandis que ses victimes, sur les bancs des parties civiles, et ses enfants, dans le public, pleuraient.

La chute de Sidney Amiel, avocat «brillant» et «pervers»

Dix ans d'emprisonnement ont été requis hier par l’avocat général contre cet ancien ténor du barreau de Chartres, jugé depuis trois semaines pour viol et agressions sexuelles. Dans l'attente du verdict, esquisse de portrait.

Chaque matin, depuis trois semaines, Sidney Amiel entre dans la salle d'audience de la cour d'assises de Versailles où il comparait libre, pose sa veste bleu marine sur le dossier de sa chaise, s'assoie et prend des notes. L'ancien avocat de 67 ans, accusé de viol et d’agressions sexuelles aggravées, noircit chaque jour des dizaines de feuilles. Quand la journée touche à sa fin et que la présidente le convoque à la barre, Sidney Amiel réfute point par point les accusations portées contre lui. Las, il se perd en circonvolutions, jugements hâtifs et petites méchancetés, agace jusqu'à son avocat qui lui conseille, excédé, de faire «l'effort de répondre par ‘’oui’’ ou par ‘’non’’ avec des phrases simples ».

lundi 19 juin 2017

Au procès de Sidney Amiel : « Je voulais me libérer, dire la vérité »

La parole ne cesse de se libérer au procès de Sidney Amiel. Cet ancien avocat de 68 ans comparait depuis deux semaines devant la cour d'assises de Versailles pour des faits de viol et d'agressions sexuelles. Et chaque jour des victimes, qui se sont tues pendant des années et dont la plupart des dossiers sont prescrits, racontent des violences sexuelles dont elles se souviennent « comme si c'était hier ».